Appels de fonds, pré-réception et réception
Contrôler l’état d’avancement avant de payer
Pour un CCMI soumis au calendrier ordinaire, l’article R. 231-7 du Code de la construction et de l’habitation fixe les plafonds cumulés suivants :
- 15 % à l’ouverture du chantier ;
- 25 % à l’achèvement des fondations ;
- 40 % à l’achèvement des murs ;
- 60 % à la mise hors d’eau ;
- 75 % à l’achèvement des cloisons et à la mise hors d’air ;
- 95 % à l’achèvement des travaux d’équipement, de plomberie, de menuiserie, de chauffage et de revêtements extérieurs.
L’expert constate l’état visible du chantier et signale les points qui appellent une explication. La décision de régler l’appel de fonds appartient au maître d’ouvrage au regard de son contrat et de l’avancement réel.
La pré-réception prépare les corrections
La pré-réception est une visite préparatoire. Elle peut donner lieu à une liste de défauts, de non-façons ou de points à vérifier avant la réception officielle. Ce document n’est pas le procès-verbal juridique de réception.
La réception produit des effets juridiques
L’article 1792-6 du Code civil définit la réception comme l’acte par lequel le maître d’ouvrage accepte l’ouvrage avec ou sans réserve. Elle doit être prononcée contradictoirement. Les réserves doivent décrire les défauts de manière précise et permettre leur localisation.
Lorsqu’elles sont formulées, une somme au plus égale à 5 % du prix convenu peut être consignée jusqu’à leur levée auprès d’un consignataire accepté par les parties ou désigné par le président du tribunal judiciaire. Il ne s’agit pas d’une somme que le maître d’ouvrage conserve librement sans formalité.
L’article L. 231-8 du Code de la construction et de l’habitation prévoit que le délai de huit jours pour signaler certains vices apparents oubliés ne s’applique pas lorsque le maître d’ouvrage est assisté à la réception par un professionnel répondant aux conditions du texte. La préparation de la visite et l’examen des défauts visibles sont donc particulièrement importants.
La garantie de parfait achèvement court pendant un an. Elle concerne les désordres mentionnés dans le procès-verbal et ceux révélés après la réception puis notifiés par écrit pendant cette année. La garantie de bon fonctionnement est d’une durée minimale de deux ans pour les éléments d’équipement concernés et se superpose à la première année de parfait achèvement.
La responsabilité décennale vise les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. Les responsabilités visées s’éteignent après dix ans à compter de la réception.
Si un désaccord technique persiste avec le constructeur, une expertise amiable contradictoire peut permettre d’organiser les constatations en présence des parties.